Reginaldo Paris
Né en Provence en 1973, Réginaldo Paris réalise son premier contact avec le dessin par la bande dessinée, dont il tire son sens de la perspective, des masses, des équilibres et de la composition. Ses rencontres avec de grands créateurs comme Gilles Chapel, Pierre Seron et Anselm Kiefer lui font prendre conscience de sa démarche personnelle et l’aident à définir un peu plus sa propre identité artistique. Les conseils de maîtres qu’il reçoit jouent le rôle de déclencheurs principaux chez l’artiste.
C’est dans le contact direct avec la matière que Réginaldo Paris puise son inspiration. L’expérimentation technique du mélange des textures caractérise son art. Le goudron, la résine, le ciment, qu’il combine avec des objets parfois plus naturels, parfois plus urbains, viennent donner des effets d’épaisseur sur ses toiles.
Il couche ses croquis préparatoires sur un calepin puis, quand l’inspiration arrive, la vraie, l’ultime, il amorce sa démarche : « Je cherche l’inspiration absolue qui vient du travail en soi. Elle me permet d’explorer, d’expérimenter; je me fixe une idée, une image, un monde qui se matérialise ». Ses œuvres sont une combinaison d’énergies physiques et psychologiques. Des outils capables de transposer une émotion, sans l’embrouiller, en réalisation concrète. Comme bien des artistes, c’est en lui et non dans le monde extérieur qu’il puise ses images.
Peindre, pour Réginaldo, est un travail lent et profond : « Je peins par tranches, réalisant des séries sur un sujet qui peut s’échelonner sur plusieurs mois, plusieurs années. ». Chaque étape est pour lui une nouvelle rencontre avec la toile, avec ses émotions, avec son intérieur. L’artiste s’exprime ainsi de façon presque spirituelle, voire ésotérique, via le médium. Il compare la peinture à un voyage, un voyage dont on a peu conscience du départ, dont on ignore la durée et dont la destination importe peu. C’est l’expérience exploratoire qu’il arrive à convertir en matière et en textures, souvent sur de grands formats.
La violence qu’on ne peut toujours exprimer, la tourmente, un problème auquel on est confronté, c’est de là qu’il tire ses idées. Plus souvent qu’autrement, le résultat se traduit par une toile au caractère figuratif pratiquement créée dans un état de transe. Les bruns, les beiges, les gris et les ocres sont des couleurs vivantes pour lui; elles reflètent les valeurs d’antan, le contact avec la terre.
Depuis le début de sa carrière, Réginaldo Paris cumule près de 30 expositions en France, ailleurs en Europe et au Canada. Lorsqu’on lui demande ce que signifie la peinture pour lui, d’instinct, il répond : « Peindre, pour moi, c’est me sentir vivre ».

